Article du 4 décembre 2007 - Source : www.LExpansion.com
Sur le plan professionnel, une expérience réussie d'expatriation ne peut pas vous nuire aux yeux de l'entreprise. Bien au contraire
« En partant travailler à l’étranger, affirme Jean-Luc Dubois, chef du département activités internationales de l’ANPE on fait la preuve d’une réelle autonomie, d’une capacité à se prendre en charge, on révèle sa capacité d’adaptation et donc d’insertion. Ce sont des atouts non négligeables pour un salarié. »
Savoir formuler ses nouveaux acquis
« Du point de vue de l’entreprise, continue Claude Mulsant, directrice adjointe du Cercle Magellan, vous aurez prouvé votre ouverture d’esprit, votre curiosité. Mais vous ne ferez de tout cela un “plus” professionnel que si vous êtes capable de le formuler à l’entreprise comme tel. Si vous voulez valoriser votre expérience, il faudra trouver les mots, au-delà des anecdotes, pour qualifier ce que vous avez appris, définir vos compétences acquises à l’étranger de manière directe et efficace. C’est un effort important à faire. »
Est-ce que ça devient indispensable pour accélérer sa carrière ?
Pour les diplômés d’écoles prestigieuses, l’expatriation est depuis longtemps un passage obligé. Et pour tous les autres, ça peut être aujourd’hui une opportunité à saisir.
Augmenter son employabilité
« Travailler à l’étranger accélère une carrière car une expérience de nature internationale augmente a priori l’employabilité du salarié. En même temps, cela ne suffit pas, constate Claude Mulsant. On peut affirmer que c’est une sorte de passage obligé pour les collaborateurs à fort potentiel repérés dans les entreprises, souvent dès leur embauche. L’expatriation va permettre à la société de mettre ces salariés en situation d’adaptation à un nouvel environnement, d’éprouver leurs compétences. Et au retour, il est probable que la valorisation de cette expérience se fera de façon fluide. »
Une accélération possible… mais en différé
« Mais, en dehors de ce profil spécifique, poursuit Claude Mulsant, la valorisation d’un séjour professionnel à l’étranger n’est pas forcément automatique ni immédiate. Parfois il n’y a pas de poste disponible correspondant aux attentes du collaborateur; dans ce cas, il faut accepter une valorisation de son expérience en différé. Il arrive aussi que les attentes ne soient pas en adéquation avec les besoins de l’entreprise.
Enfin, il peut n’y avoir aucune valorisation particulière prévue par l’entreprise. Il faut avoir discuté de ce point avec la DRH avant le départ afin de s’éviter un désappointement au retour. »
Commencer par faire ses preuves
« Pour les diplômés des écoles d’élite, constate Cédric Mollaret, consultant international à la Cegos c’est parfois le contraire qui se passe en termes de poste. Dans bon nombre de pays, quelle que soit votre formation, on va vous faire commencer par “le bas” et vous demander de démontrer vos compétences. À l’inverse, pour des salariés qui ont suivi des cursus “moyens”, cette expérience peut justement favoriser de vraies opportunités où vous commencerez à égalité avec le superdiplômé… Après ce sont les résultats qui comptent. »
Un monde plus ouvert
« Dans de nombreux pays, précise Jean-Pierre Pont, rédacteur en chef de la revue Vivre à l’étranger un salarié peut assumer des responsabilités plus jeune qu’en France. Dans les pays anglo-saxons, par exemple, on vous jugera essentiellement sur votre valeur personnelle, votre énergie, votre sens du travail, votre intégrité… Le monde du travail est souvent moins réglementé, moins sectaire à l’étranger qu’en France. »
On est plus exposé
« Quoi qu’il en soit, poursuit Thomas Bork, chargé des questions liées à la mobilité dans le groupe Lafarge, même si le poste occupé à l’étranger n’est pas supérieur hiérarchiquement à celui qu’on occupait en France avant de partir, il est en général plus riche, plus dense en responsabilités. »
|